Ils vécurent ensemble fidèlement avec générosité, intelligence et sensibilité. Ils s'installèrent à Genève ou Henri débuta sa belle et longue carrière de médecin tant estimé et aimé de ses malades.
Lorsqu'il apprit la triste nouvelle, Friedman s'excusa soudainement, parti seul au cinéma, ce qu'il ne faisait jamais, trouvant pour soulager sa peine l'anonymat d'une salle obscure. "Ce que je suis devenu, je le dois à ma mère" disait toujours Friedman. Omchen comme, l'appelait sa petite-fille Lydia, écrivit ce texte en 1923, à la fin d'une petite biographie sur son fils.
La liberté d'expression sera supprimée, artistes et autres professions libérales d'origine juive devront cesser leurs activités. Friedman écrivit à sa fille de Suisi : "...mes concerts en Allemagne ont été annulés par ordre supérieur à la fin du mois de mars..." "À partir de cette époque, son caractère gai commença à changer", dira Lydia. La tournée européenne de Friedman se termina en août au Danmark avant son embarquement en septembre pour l'Extrême-Orient.
Sur les dix donnés par Friedman à Tokyo à la Salle Hibiya. The Japan Chronicle 5 septembre 1933. Friedman joua au Japon à Tokyo, Osaka, Kobe, Kyoto, en Chine (Shanghaï), à Singapour, en Indes néerlandaises. 1934 - de février à mai, Mexico et l'Amérique Latine (Guatemala, Colombie, Chili, Argentine, Brésil) et retour en Europe, comprenant la Russie en octobre. 1935 - Mexico, États-Unis jusqu'à la fin mars, Europe, et dès octobre jusqu'à décembre Canada et États-Unis.
Osaka, 9-10-11 octobre 1933 - Kobe 12 octobre et 16 novembre 1933 - Kyoto 13 octobre 1933.
Le 6 octobre 1933, Lydia mit au monde une petite fille appelée Nina. De Kobe Friedman écrivit : "Je te félicite de tout mon coeur pour la naissance de ta petite fille. J'espère qu'elle grandira et se développera merveilleusement bien à tous égards et t'apportera ainsi qu'à ton mari, beaucoup de joie et de soleil..."
Tokyo 1933, Friedman signant ses disques.
Tokyo 1933, Ignaz Friedman.
assista à une représentation du théâtre Nô, puis se rendit dans la loge du grand acteur : Kita Roppeita. Une très mauvaise photographie de presse immortalisa cette rencontre.
Lorsqu'un journaliste demanda à Friedman si le piano était bon, il répondit : "Il a de belles jambes."
Concert de Friedman du 29 décembre 1933.
En février 1934, Friedman s'embarqua à Yokohama pour San Francisco et Mexico où il donna deux concerts, en avril six récitals à Bogotà, sept à Caracas en mai au Teatro Nacional où son jeu suscita des réactions enthousiasmantes : "Friedman, le sorcier du piano ; Friedman, le mage du piano ; Friedman, le peintre du piano".
Il fit la connaissance de sa petite-fille Nina, retrouva sa famille et ses amis.
Accompagné de sa toute jeune élève et future épouse, Angelica Morales, que Friedman appelait Amorales.
Lettre d'Emil von Sauer à Friedman.
Après sa tournée en Amérique latine Friedman donna un récital à Vienne puis il se rendit avec sa femme, en Russie (U.R.S.S.) le 25 octobre 1934 pour une tournée de vingt-quatre jours, comprenant Leningrad, Kiev et Odessa. Il retourna à Vienne pour deux concerts et repartit pour Mexico donner six récitals du 9 au 23 janvier 1935.
À Cleveland Friedman joua avec le violoncelliste autrichien, Emanuel Feuermann, le 13 février 1935, la Sonate en fa majeur de Brahms. Entre deux récitals à New York, Friedman fut invité à la Maison-Blanche par le président Franklin Roosevelt. Puis il naviguera vers l'Islande et la Scandinavie.
De gauche à droite, 1er rang : Mme Hofmann, Gitta Gradova, Mme Milstein ; derrière : Samuel Dushkin, Nathan Milstein, Ignaz Friedman, Igor Stravinski, Josef Hofmann, M. van Wyck, M. Wirtman ? (pianiste de Milstein).
Après les six récitals donnés à Bogotà au Teatro Colon, Friedman s'arrêta au Chili, au Brésil, en Europe. 1937 - États-Unis, Europe. 1938 - Europe (dernier concert à Vienne, le 9 février 1938), Palestine en mai, Caire, Scandinavie, Islande, Finlande, Pologne.
Friedman assista à Rio en juin, au dernier concert du pianiste Josef Hofmann, ville où Friedman se produisait. Cette photographie montre Hofmann et Friedman entourant la pianiste brésilienne, Guiomar Novaes (1894-1979).
Concert donné par Friedman à Liverpool, le 17 novembre 1936.
A Winnipeg, le 15 février 1937, Fiedman termina son récital par la Sonate en do mineur de Saint-Saëns interprétée par la violoncelliste russe, Raya Garbousova (1909-1997).
The Winnipeg Evening Tribune, 16 février 1937.
Enfant prodige, élève de Rubinstein, immense pianiste et compositeur de plusieurs oeuvres. Après de brillants succès il dirigea l'Institut Curtis à Philadelphie où il enseigna. Rachmaninov lui dédia son Concerto pour piano N°3. Il décède à Los Angeles en 1957.
Jubilée d'Or célébrant le cinquantième anniversaire des débuts américains de Hofmann au Metropolitan Opera.
un mois avant l'entrée des Allemands dans la ville, le 12 mars 1938.
Tel-Aviv, 7 et 8 mai 1938. Ignaz Friedman et le chef d'orchestre anglais Malcolm Sargent.
Ce même concert a été donné le 3 mai à Jérusalem et le 4 mai à Haïfa. Le 16 mai 1938 Friedman joue au Caire.
Tel-Aviv, 7 et 8 mai 1938. Ignaz Friedman et le chef d'orchestre anglais Malcolm Sargent.
Friedman fut invité par la reine Elisabeth de Belgique comme membre du jury au Concours Eugène Ysaÿe. Le premier prix fut décerné au jeune pianiste soviétique de vingt-deux ans, Emil Guilels.
par un "pacte d'Amitié" entre Mussolini et Hitler. Cette attestation confirmée par la fille de l'écrivain Tatiana Tolstoi, veuve Soukhotine, de l'origine aryenne de Marie Friedman née de Schidlowsky. Elle permit à Friedman de passer les étés de 1938 et 1939 avec sa famille à Siusi dans sa maison au Tyrol du sud (Italie).
Friedman reçut un permis d'établissement du gouvernement, ce que la Suisse et le Danemark avaient refusé.
Il donnera son dernier concert à Cracovie le 21 février 1939 et, à Varsovie, le 20 avril 1939, sa patrie où l'antisémitisme se faisait déjà sentir. D'Helsinki Friedman anvoie cette lettre inquiète à sa fille Lydia, qui habite désormais à Genève avec sa famille.